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Compte-rendu - Conférence en ligne FNERR/IFOP du samedi 22 mai 2020

May 30, 2020

 

Lors de la visioconférence organisée par la FNERR le vendredi 22 mai, Frederic Dabi, directeur adjoint de l’IFOP, a réalisé un bilan de l’état de l’opinion à l’issu du confinement, après une période inédite qui a fortement impactée toute une série d’attitudes et de comportements des français. 

 

A travers des enquêtes et sondages, il a analysé pour nous l’état d’esprit, le moral et l’optimisme concernant l’avenir et l’image de la France. Il a souligné par ailleurs « la mutation assez extraordinaire des sujets et enjeux que les français veulent voir pris en charge par les pouvoirs exécutifs et locaux ».

 

Il nous a aussi fait part du regard des français sur le Présid

 

ent qui « donne le LA à l’état de l’opinion ». Le couple exécutif vient de traverser une crise absolument majeure, avec une dissociation entre une logique d’union nationale et une défiance très forte de la gestion de la crise.

 

Des français surinformés et pourtant toujours aussi inquiets

 

 

Pour mieux appréhender et comprendre la situation, les français ont cherché de manière effréné l’information. Cela peut arriver lors d’une situation de crise, mais ce qui est très rare, c’est que cela s’est fait sans discontinuer pendant une période de deux mois.

 

Lorsqu’ils sont surinformés, les français deviennent en général plus sereins. Pourtant cette fois, il y a rupture avec les schémas passés : la surinformation sur le moment n’a en rien fait redescendre ni canalisé le fort niveau d’inquiétude. Depuis le 15 mars, 85% des français en moyenne sont et restent inquiets sur la situation sanitaire malgré des chiffres d’admissions et d’hospitalisations plus rassurants. Aussi, depuis un mois, l’inquiétude sur les connaissances économiques rejoint l’inquiétude sanitaire. Les français anticipent désormais une catastrophe économique.

 

Un sondage IFOP a demandé aux français de quoi ont-ils parlé en famille, au café ou au travail. En général, cela montre le décalage entre l’agenda médiatique, l’agenda politique et l’agenda des français. Cette fois, il y a confusion des agendas. Il y a aussi des niveaux de conversations jamais vu avec 90% des français qui ont échangé sur le déconfinement (contre une moyenne habituelle maximum dépassant rarement les 55%). Autre exemple, 3/4 des français ont évoqué avec leur entourage l’intervention du Premier Ministre au Parlement le 13 avril, du jamais vu là aussi pour la scène parlementaire. 

 

Des français qui changent vite d’opinion tout en étant de plus en plus pessimistes sur leur avenir et celui de la France.

 

 

Pour répondre à ce que sera la France d’Après le confinement selon les français, Frederic Dabi s’est basé sur une question simple : « Êtes-vous optimiste ou pessimiste ? » mesuré quelques jours avant la fin du confinement. 

 

L’épisode COVID a renforcé le pessimisme français pour soi comme sur la projection, soit l’avenir pour soi-même et ses enfants. Le pic de pessimisme a même atteint un record de 71%, et les optimistes sont minoritaires dans toutes les catégories y compris jeunes, cadres supérieurs, professions libérales et diplômés.

 

A noter que la question a été reposé après le déconfinement, et en 15 jours, l’opinion publique est passée de 29% à 39% d’optimistes. Frederic Dabi a illustré cet effet : « On a une opinion qui s’est « réseau-socialiser », qui a des mouvements brutaux d’opinion ».

 

L’image que les français ont de la France est devenue très ambivalente, traduction d’un pays en perte de confiance : 83% des français pensent que la France a toujours des atouts, mais 2/3 d’entre-eux jugent le pays en déclin (66%) et ce dans toutes les catégories. 

 

Enfin et c’est nouveau, il y a une évolution énorme du pessimisme à l’égard de la capacité de notre pays à réformer : passage de 70% d’optimistes en juillet 2010 à 50% aujourd’hui. Sur la question de l’incarnation, les français jugent à 76% que nos dirigeants ne sont pas « de qualité ».

 

Un changement radical des priorités des français, une domination sans partage et unanime du thème de la santé.

 

A la question : « Quels sont les thèmes qui vont être prioritaires ces prochains mois ? » à laquelle les français mettent le plus souvent sur le podium la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le pouvoir d’achat et l’environnement, on observe une mutation extraordinaire depuis le dernier baromètre d’aout 2019. 

 

Selon un sondage IFOP du 7 au 9 mai 2020, le premier thème qui écrase tous les autres est la Santé avec 81% (+16 points). Alors que la santé était arrivée en tête pour la première fois fin août, cette tendance s’amplifie complètement avec une évolution très forte et ce dans toutes les catégories sociales. 

 

En deuxième position arrive l'éducation (54%), puis, pour la première fois depuis longtemps sur le podium, la lutte contre le chômage (51%). Ce dernier point souligne par les français l’anticipation de la crise économique à venir. Le chômage avait pourtant disparu des conversations des français (note : la crise des Gilets jaunes évoquant beaucoup plus la question des salaires et des fins de mois difficiles que celle du chômage). Cet intérêt est contrairement à d’habitude relativement serré entre sympathisants de gauche comme de droite.

 

Le thème de l’environnement quant-à-lui quitte le podium et recule de 6 points (45%). C’est la première fois qu’il est en baisse depuis 4 ans. Les questions environnementales en baisse croisent la hausse de la courbe des questions sociales. La fameuse opposition « Fin de mois / Fin du monde » qui commençait à être dépassé risque de revenir.

 

A noter également, un effondrement très net des questions régaliennes : -15 pour la Sécurité, -6 pour l’immigration clandestine, -6 pour la lutte contre la délinquance, -6 pour la dette publique et -5 pour la maîtrise des impôts. 

 

Au contraire de la question de la sauvegarde des services publics, passée de 35% à 46% en 6 mois. Il faut voir ici ce que les français englobent à cette question : il s’agit plus de services « aux » publics avec, en plus des services de proximité, la question des banques et des commerces de proximité. Là aussi, le clivage gauche / droite se resserre. Ce point est souvent associé à un sentiment de désengagement de l’État. 

 

Concernant les différences entre les avis des différentes familles politiques, la Santé est devant pour tous. Symboliquement, c’est la première fois que le Rassemblement National n’a plus l’immigration clandestine comme premier intérêt.

 

Des français très méfiants à l’égard du gouvernement et souhaitant la réaffirmation du rôle des collectivités territoriales 

 

 

La côte de popularité du Président de la République reste structurellement faible mais reste globalement bonne au regard de sa capacité à revenir à un certain niveau de confiance après chaque crise.

 

Cet « effet drapeau » (principe de l’union nationale) a bien entendu fonctionné à nouveau avec une hausse de 32% à 43% en avril, à mesurer avec une baisse de 3 points au mois de mai. Le Premier Ministre, lui, capitalise avec 46% de moyenne en mai, avec une percée de +11 points en deux mois sur sa proximité avec les préoccupations des français.

 

« Il y a un état de grâce de l’exécutif et « en même temps » une immense méfiance envers le gouvernement ». Concernant la gestion de la crise et notamment l’affaire des masques, 80% des français pensent qu’Emmanuel Macron leur a caché des informations. Côté communication de crise, c’est à peine mieux avec 71% de mécontents sur la clarté des interventions contre 43% au début du confinement le 15 mars (+28%).

 

La séquence acte plus que jamais le rôle central aux élus locaux. A la question « Avec laquelle des deux phrases suivantes êtes-vous le plus en accord ? », 72% souhaitant réaffirmer les solutions locales, initiées par les élus des collectivités territoriales contre seulement 28% des français souhaitent affirmer encore plus le rôle de l’État central.

 

A l’une des questions faites par nos invités sur l’impact pour la future loi de décentralisation, Frederic Dabi estime que : « compte-tenu de la séquence et des déficiences perçues de l’État central, un nouvel acte de décentralisation sera particulièrement valorisé, apprécié voir plébiscité ».           

                               

 

 

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